Atelier de gestion du stress animé par des kinésithérapeutes en entreprise.

Le stress : faut-il vraiment chercher à vivre sans ?

Le stress est omniprésent dans nos vies, et tout particulièrement dans le monde du travail. Pressions organisationnelles, contraintes de temps, responsabilités, changements constants : les situations susceptibles de générer du stress sont nombreuses en entreprise. Pourtant, contrairement aux idées reçues, le stress n’est ni un dysfonctionnement ni un ennemi du corps. Il s’agit d’un mécanisme physiologique normal, indispensable à l’adaptation et à l’action. Comprendre les mécanismes du stress est une étape essentielle pour une gestion du stress efficace et durable.

Le stress : un mécanisme d’adaptation indispensable, mais à surveiller

Le stress fait partie intégrante de la vie humaine. Nous l’avons tous déjà ressenti, parfois de manière intense, parfois plus diffuse, et souvent de façon répétée. Contrairement aux idées reçues, le stress n’est pas une anomalie, ni un dysfonctionnement du corps : c’est un mécanisme physiologique normal, indispensable à la survie.

Sur le plan biologique, le stress permet de réagir rapidement, de s’adapter à une situation nouvelle, de se protéger, de fuir un danger, mais aussi de se mobiliser pour agir, décider ou performer. Une vie totalement “sans stress” serait donc non seulement irréaliste, mais surtout non physiologique.

Gestion du stress : un outil à court terme, mais problématique lorsqu’il devient chronique

Le problème n’est pas le stress en lui-même, mais sa récurrence et la capacité du corps à s’y adapter dans le temps. Le stress est conçu pour être transitoire, ponctuel, en réponse à une situation donnée, notamment face à des contraintes ou des exigences. Lorsqu’il devient chronique, il cesse d’être un outil d’adaptation et se transforme en « déséquilibre ».

Ce phénomène est bien décrit par le syndrome général d’adaptation, qui se déroule en trois phases :
1- La phase d’alarme, durant laquelle l’organisme mobilise ses ressources pour faire face au stress.
2- La phase de résistance, où le corps s’adapte et maintient un état d’activation prolongé.
3- La phase d’épuisement, lorsque les capacités d’adaptation sont dépassées.

C’est dans cette dernière phase que peuvent apparaître des perturbations physiologiques durables : troubles musculo-squelettiques, fatigue chronique, troubles du sommeil, douleurs persistantes, baisse de l’immunité ou altération de la santé mentale. La qualité de vie et la santé s’en trouvent progressivement dégradée, ouvrant la voie à des pathologies chroniques.

Peut-on agir pour éviter la chronicisation du stress ?

L’enjeu n’est donc pas de supprimer le stress, mais de prévenir son installation durable. Cela passe notamment par des stratégies de prévention qui renforcent les capacités d’adaptation du corps et de l’esprit.

Des exercices réguliers spécifiques et plus généraux aussi, adaptés, ont démontré des bénéfices majeurs sur la santé cardiovasculaire, la douleur et la santé mentale et émotionnelle. Ils améliorent la tolérance aux contraintes et permettent une analyse et une gestion plus pertinentes des situations, tout en agissant comme un véritable facteur protecteur à long terme.

La question du moment choisi, souvent le matin, mérite également d’être posée. Le corps n’est pas toujours disponible à l’effort en début de journée : raideur articulaire, déficit de concentration ou fatigue, ou encore manque de temps et de motivation peuvent limiter les effets attendus, selon les individus et les types de postes. Il peut également exister un décalage temporel entre le moment où l’échauffement est réalisé et la prise de poste effective, réduisant ainsi son intérêt physiologique lorsque l’activité professionnelle débute bien plus tard.

Mais l’individu n’évolue jamais seul, notamment dans les environnements de travail. Le rôle du groupe et des relations humaines est central. La qualité des interactions, le soutien social, le climat relationnel et organisationnel influencent directement la manière dont les situations stressantes sont vécues. Un environnement dans lequel les contraintes sont intermittentes, reconnues et partagées, permet au stress de rester ponctuel, et non de devenir une norme de fonctionnement délétère.

Redonner du sens et des leviers d’action

C’est dans cette approche globale que s’inscrit l’atelier stress des Actiphiles. Il vise à mieux comprendre les mécanismes du stress, à identifier ses propres signaux d’alerte et à expérimenter des outils concrets pour renforcer les capacités d’adaptation, tant sur le plan physique que mental, dans les situations du quotidien et du travail.

L’objectif n’est pas d’éliminer le stress, mais de redonner aux individus et aux collectifs des leviers pour ne plus le subir. 

En définitive, le stress n’est ni un ennemi, ni une fatalité. Il devient problématique lorsqu’il s’installe durablement, sans possibilité de récupération. C’est dans l’équilibre entre contraintes, adaptation et soutien que se joue une gestion du stress saine, tant pour les individus que pour les collectifs.

Article rédigé par Manon BUREL, Marine VAZART, kinésithérapeutes diplômées, spécialisées en prévention.

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